jeudi 1 décembre 2016

Entre feu et glace, entre ombres et lumière...



C'était un matin d'automne comme il en existe tant d'autres.
Ce jour-là, la légère brume qui avait précédé l'aube s'était dissipée dès les premiers rayons du soleil. Au-dehors pouvait se deviner une journée radieuse. Les derniers nuages étaient tous sur le départ, pressés de laisser l'azur du ciel dominer la vie à Alençon.
Quant à moi, il était évident que je ne pouvais laisser passer une si belle occasion de prendre des photos. En effet, cela faisait maintenant plusieurs mois que j'osais sortir dans la rue au lever du Roi des Astres.
La lumière d'octobre est une chose à voir, c'en est une autre de la vivre avec un appareil photo.
Le piquant de l'air se disputant avec la douceur des rayons du soleil semblait me chuchoter à l'oreille les promesses des frimas glacés d'une morte saison à venir. Nous le savons tous, nous qui vivons à ces latitudes ; invariablement, l'hiver vient.
Peu m'importait pour l'heure l'annonce du froid, du vent du nord, de la neige peut-être... Seule comptait la Lumière. Cette douce lumière dorée qui se répandait de minute en minute sur toute la ville, cette lumière des premières heures du jour qui disparaîtrait bien vite à l'approche du midi.
Entre feu et glace, lumière et ombre encore nocturne, ainsi en va-t-il de l'aube, terrain des dieux et déesses les plus incertains...
Quelle preuve pouvait-on apporter de cette ambiance particulière sinon une photographie, une de plus, jouant sur le clair-obscur de ces instants d'étrange familiarité ?
Prenant à cœur les conseils de photographes que je respectais, j'exposai alors ma photo à venir pour les hautes lumières, et CLAC !, en une fraction de seconde vint le miracle de la technologie numérique, me proposant bientôt d'admirer sur mon écran d'ordinateur le résultat de mes réflexions.

Quelques jours plus tard, j'eus à cœur d'écrire ce texte, comme témoignage de cette étrange et fraîche matinée d'automne, où, à Alençon, s'étendaient les ombres...

lundi 28 novembre 2016

Jusqu'où peut-on encore aller ?


Deux ans.
Ce blog a tenu deux ans.
J'ignore si vous imaginez un peu la chose : deux ans au rythme d'un billet tous les quatre jours, ce n'est pas rien.

Pour cette fois, je ne vais pas vous assommer de considérations, de statistiques ni de verbiages inutiles.


Je tiens juste à vous remercier, vous qui me lisez. Vous êtes un public à la fois discret et charmant avec lequel je suis ravi de partager un peu du foutoir qui encombre mon cerveau.



Merci.





Et à bientôt pour les trois ans !

jeudi 24 novembre 2016

Au-delà de l'horizon...


Cela faisait une éternité que je n'étais pas revenu en bord de mer.
Des années durant, toute mon enfance en fait, mes vacances d'été se passaient au bord de l'océan. Farniente et bronzage étant de rigueur dans ces périodes de repos, je passais de nombreuses heures sur les plages à jouer,  à construire des petites digues et des châteaux de gouttelettes de sable.
Avec le recul, j'ai pu constater que j'y avais passé de chouettes moments, sur ces plages de l'Atlantique, en compagnie d'autres enfants. Mais plus le temps passait, plus je vieillissais et plus je m'ennuyais.
Bizarrement, alors que beaucoup aiment le contact du sable et la chaleur du soleil sur leur peau, j'ai très vite cessé d'apprécier la plage. Le sable m'a toujours irrité (au sens propre comme au sens figuré), quant au soleil, la puissance de ses rayons me gênait moins que les positions impossibles qu'il me fallait prendre, allongé sur ma serviette de plage, pour lire ou discuter.
Les dernières vacances que je passai donc en bord de mer, je vis très peu la plage, préférant l'ombre et la douceur du camping, les tisanes prises sur place, allongé de longues heures durant sur un transat, de la musique vissée dans mes oreilles.

Puis, avec l'autonomie, je cessai de partir en vacances. J'avais à présent un budget à gérer, et ce dernier ne laissait que peu la place à ce genre de fantaisies. D'autant plus qu'un vent de liberté s'étant mis à souffler dans mon nouveau chez-moi, je n'aspirais qu'à pouvoir profiter de mon temps libre comme je l'entendais, et de préférence auprès de mon meilleur ami qui, lui non plus, ne partait pas vraiment en vacances durant l'été.


Le temps s'écoula ainsi durant près de sept ans. Sept ans sans noyer mon regard au-delà de l'horizon... Sept ans sans ressentir la mélancolie des Elfes quand, d'aventure, une mouette poussait son cri.
Petit à petit j'en vins presque à oublier qu'un horizon existait.




Un jour, mon ex-petite amie et moi allâmes ensemble au bord de la Manche, dans les sécurisants environs de Caen.
Dire que les retrouvailles avec les étendues infinies de la mer furent bouleversantes serait mentir. Néanmoins, je retrouvai ce jour-là une sensation perdue à travers les âges... Cette sensation qui vous fait sentir minuscule, mélancolique et émerveillé devant l'appel de Valinor...

... Par-delà l'Ouest.

dimanche 20 novembre 2016

mercredi 16 novembre 2016

Redoutez-nous !


Par-delà les Cieux,
En de lointains lieux,
Les mille Dieux réunis
Sur des trônes de buis

Pleurent notre folie,
Face à laquelle pâlit
Jusqu'au Sombre Malin
Honteux d'agir en vain.

Tous espérant de nous
Que nous finissions fous
Car les fous, disent-ils
Eux, sont tout sauf vils !

Quelle sombre colère
Habitent ces fils et frères ?
Les avons-nous faits ainsi ?
N'ont-ils pas tout, ici ?




L'hybris, céleste naïveté
A conduit ces divinités
Vers cette funeste cruauté
Qui corrompt l'Humanité

Car quelle sombre rage
Venue du tréfonds des âges
Rompit notre ancien lien
Avec nos pères Divins ?

En vérité, je vous le dis
Ce qu'aucun ne comprit :
Nous tous, les Hommes
Sommes ce que nous sommes.

Mille Dieux firent des Humains
Des pions dans leurs mains.
Mais, enfin, il arrive fatalement,
Qu'un pion morde soudainement

Et saisisse enfin sa chance
Laissant à d'autre l'omniscence
Et la pire de toutes les fatalités
Celle qui se nomme "destinée".

Aussi, Dieux, sachez-le enfin
Ceux qui nous firent aigrefins,
Vauriens, voleurs, menteurs,
Nous plongeant dans l'horreur

D'un monde sans foi ni loi
Dans les Cieux se firent rois.
Et à présent, Divins fous
Pleurez et craignez-nous !

samedi 12 novembre 2016

Anciens dangers en haute mer...

Nous vivons une drôle d'époque, mon cher Pierre.
Qu'est-ce que tu vas encore me raconter, Gilles ? A chaque fois que je t'entends dire ça, tu t'enfonces dans les méandres de considérations politiques vaseuses qui te dépassent...
Non, nous vivons une drôle d'époque mais pas à ce niveau... Quoi qu'on dise, la politique n'a jamais vraiment changé de nature.
Non je repensais à ce qui est arrivé à l'équipage du Karaboudjan... Dire qu'ils sont juste partis pêcher un beau matin le mois dernier.
Ben tu sais, Gilles, personne n'est à l'abri d'un coup de folie. Et puis les marins sont un peu spéciaux... Ça te retourne la tête de naviguer des semaines entières en pleine mer dans une bicoque étroite pour embarcation.
Mais tu ne trouves pas ça bizarre ? Passe encore le coup de folie de Martin. On l'a toujours trouvé...particulier. Non, cela dit les marques de tentacules gigantesques sur tous les corps, Martin n'a pas pu les faire lui-même. Et tu as vu l'état dans lequel on les a retrouvés la semaine dernière ? Tu étais là, il me semble ?
Oui, c'est vrai que ça retournait l'estomac. Sauvagement torturés, les yeux encore fous, et le corps constellé de traces de tentacules, comme je n'en avais jamais vus. Les gendarmes nous ont vite écartés, mais je revois encore le visage ahuri de Gérard, son expression de terreur dans les yeux. Comme s'il avait vu le Diable avant de mourir ou je ne sais quoi.
Et tu en penses quoi ?
De quoi, du Diable ?
Par exemple, oui.
Gilles... Je ne crois pas au Diable. Non, ils ont simplement été les victimes de Martin. Tout Luc-sur-Mer l'a bien vu, il a simplement pété un câble. Pauvre homme, je ne sais pas ce qui sera pire pour ce jeune garçon : le poids sur la conscience qu'il portera à vie ou la folie qui s'est emparée de lui.
Justement, comment la folie s'est emparée de Martin, c'est ça la vraie question !
Nous ne sommes pas des psychiatres ni des criminologues, mon pauvre ami... Nous ne le saurons jamais vraiment, je gagerais...
Et si...
Quoi ? Encore une hypothèse farfelue ? Tu en produis combien par minute ?
Non, je dis juste... Et s'ils avaient réveillé quelque chose qu'ils n'auraient pas dû réveiller ? Tu sais dans quel coin ils étaient partis pêcher, non ?
Quoi ? Cette vieille légende d'un Dieu Ancien qui dormirait sous l'eau ? Tu prétends que c'est ça qui l'a rendu fou ?
C'est tout aussi crédible que la folie qui frappe sans prévenir, non ? Et puis, comment expliquer le pentagramme sur son corps ?
Il a dû se le dessiner sur lui, non ?


...Dans le dos ?

mardi 8 novembre 2016

Mystérieux message prophétique et boules de gomme...


Cela faisait à présent plus d'un mois que l'automne était arrivé en Normandie. Nous avions bénéficié d'une belle arrière-saison jusqu'à présent... La clarté du ciel le disputait à la douceur de la température, une température presque printanière, chose assez irréelle en plein mois de Novembre...

En bref, le climat était devenu idéal pour la pratique de la photo. Même les journées nuageuses se paraient de nuances de formes et de couleurs jamais vues jusqu'à présent. Ce n'était plus un automne, mais un festival photographique !
D'ailleurs j'avais moi-même été contraint d'acheter un système NAS pour stocker mes photos qui s'accumulaient à ce point dangereusement que je ne pus bien vite faire autrement.
Même ma pratique du noir et blanc en argentique avait fini par porter ses fruits. Je ne me séparais alors plus jamais de mon appareil argentique, toujours suspendu à mon cou, au cas où...
En d'autres termes, la situation était idéale, à un point que je n'aurais pas cru possible.

Un matin, alors que j'avais osé sortir à la fraîche, un jour où le bleu du ciel rivalisait avec la pureté de nos âmes égarées, quelque part dans la rue de la Fuie des Vignes, j'entendis plusieurs croassements.
Là, au-dessus de ma tête, perchés au sommet d'un lampadaire, deux corbeaux me fixaient dans un concert de sons assourdissants. J'eus beau les prendre en photo, ma présence ne semblait guère les déranger.
 Je m'apprêtais à les dépasser, passant sous le réverbère, quand soudain une voix rocailleuse se fit entendre au-dessus de moi dans un courant d'air grisâtre...



Gilles, n'oubliez pas...
L'Hiver vient.