mercredi 20 septembre 2017

Ciel d'orage...


La passerelle de la gare d'Alençon est une création à la fois utilitaire et terriblement anodine, et pourtant je ne cesse de la photographier année après année...

Aujourd'hui, R.G. et moi-même sommes décidés à nous promener ensemble, et commençons notre balade par un petit saut à une enseigne de supermarché d'une mondialement célèbre chaîne de grande distribution.
Oui bon. Nous avions décidé de passer au Carrefour Market qui jouxte la gare.
Le ciel est encore tourmenté, menaçant par moments de déverser sur nos têtes de Normands une nouvelle averse. Pourtant le vent chasse progressivement la tourmente au loin. Le bleu au-dessus de nous se bat vaillamment contre le gris, le violet, le bleu, l'orange, le blanc, le rose et le noir de cette perturbation si caractéristique des temps de rentrée scolaire...

En résulte un ciel particulièrement intéressant pour les deux amis photographes que nous sommes. En effet, un ciel parfaitement bleu ne présente que peu d'intérêt, compensant la satisfaction d'une lumière aisément disponible par la déception d'un domaine céleste désespérément vide.
Heureusement, le ciel du jour est orageux, se bataillant entre lumière et ombre.
Depuis les places du parking du Carrefour Market se dévoile sous les yeux de R.G. une apparition divine qu'il s'acharne à immortaliser. Je l'imiterai peu après, mais nous y reviendrons...

En attendant, c'est la passerelle qui m'appelle, cette fameuse passerelle que je m'acharne année après année à photographier dans tous ses états...
Ici, le contre-jour est presque parfait. Ne manquerait plus qu'une présence humaine...
Un train s'arrête en contrebas de mon sujet.

Et si... ?


Maintenant !

samedi 16 septembre 2017

La ligne claire...


Une photo est comme un livre.

C'est étrange à dire, mais c'est une réflexion qui me poursuit depuis près de deux ans, et à chaque fois que j'y songe, je ne peux que m'y soumettre.

Une photo se lit comme un article de blog.
Le blog étant ce que je connais le mieux, c'est ainsi que je la conçois.

Une photo c'est une image dont la structure parle, permet d'exprimer des sentiments, des réflexions, d'annoncer une information. De nombreux journalistes ne font d'ailleurs rien d'autre quand ils écrivent leur édito, leur article, leur chronique.

Une photo peut être drôle, dramatique, informative, contemplative, douce, violente, mensongère, politiquement orientée et j'en passe.

Mais plus que tout, une photo appartient à un genre littéraire.
On ne fait pas une photo de journal comme une photo d'encyclopédie ni comme une photo vouée à être exposée, tout comme on ne fait pas un article de journal comme un article d'encyclopédie ou comme un roman.

De nombreux auteurs m'ont marqué dans ma découverte de la lecture-plaisir. Tolkien, bien évidemment, qui m'inspira de nombreuses histoires et de nombreux rêves. Isaac Asimov, également, pour sa rigueur de scientifique au service de la littérature, Primo Levi et ses terribles témoignages, Marcel Pagnol l'incontournable, pour sa nostalgie de l'enfance et beaucoup de bandes dessinées. Beaucoup, beaucoup de bandes dessinées.

Citer tous les auteurs de BD qui ont construit mon goût pour l'imaginaire, les histoires et la lecture serait un peu long, aussi j'en citerai deux parfaitement dans le sens de mon propos :
Jirō Taniguchi et Hergé.
Jirō Taniguchi est un auteur de bande dessinée japonaise, couramment appelée Manga.
Cet auteur, découvert récemment par le biais de mon ami R.G., est le plus occidental, voire le plus franco-belge des auteurs japonais. Sa façon de construire l'image, littéralement photographique, ainsi que son goût pour la contemplation m'ont permis de me retrouver dans ses personnages, souvent de manière immédiate.

Taniguchi et Hergé sont deux représentants de ce que le monde de la BD appelle "la ligne claire", ce mouvement de bédéistes dont Hergé est un des précurseurs, qui avait pour principe de privilégier un dessin allant à l'essentiel sans sacrifier à la lisibilité de l'image. Les aventures de Tintin sont un exemple parfait de ligne claire; le trait est simple et complet à la fois, facilement identifiable, sans noyer le lecteur dans les détails ni laisser trop le soin à ce dernier d'imaginer l'environnement du personnage.

Eh bien, croyez-le ou pas, mais plus je regarde mes propres photos, plus je suis convaincu que mes photos sont dans le style de la ligne claire.
Pourtant, rien de plus fourni en détails qu'une photo.

Curieusement, chaque fois que l'envie me prend de faire une photo, mon impression est que ma photo, si elle est réussie, sera facile à lire, sans surcharge d'éléments, ni détails infinis.
Peu m'importe la richesse du décor, à chaque fois que je prends une photo, j'essaie de m'approcher d'un rendu "ligne claire".

Chaque fois que je prends une photo, je la lis comme un album de Hergé ou de Taniguchi.

mardi 12 septembre 2017

Dix-huit !


Les tags...

Alençon n'est pas vraiment un musée à ciel ouvert en ce qui concerne le graffiti, le tag et l'art urbain.
Nous possédons toutefois quelques auteurs de tags récurrents. Ils ne font cependant pas l'ordinaire des tags urbains de la commune.
Le passage des artistes comme le dessous du pont ferroviaire de la fuie des vignes sont, à l'aune de l'art urbain local, de splendides exceptions notables.

Bien souvent donc, comme un peu partout, les graffitis représentent davantage une pollution visuelle et une dégradation volontaire d'un mobilier urbain qui n'avait pas spécialement besoin qu'on l'enfonce.
D'un autre côté, j'ai toujours plus ou moins pensé que le tag, le graffiti était un moindre mal lorsque pratiqué sur les supports les plus glauques de la ville ; poubelles isolées de la fuie, bancs brûlés par de véritables sagouins, murs de friches industrielles ou commerciales, et j'en passe, ont l'avantage d'ainsi davantage attirer l'oeil du passant et de rendre compte de la lente dégradation de certains équipements urbains.

C'est ainsi qu'alors que R.G. et moi remontions sur le centre-ville depuis le Parc Gustave Courbet, un graffiti attire notre attention.
Les toilettes publiques du parc sont ouvertes et ornées d'un gigantesque dix-huit noir tracé sans aucune forme d'application. Un rayon de soleil perce entre deux nuages, éclairant le mur taggé au point de rendre cette dégradation visuelle presque... intéressante ?

R.G. et moi en convenons...


Il me faudra la poster pour le premier janvier 2018 !

vendredi 8 septembre 2017

Double exposition...


C'est le moment de s'amuser !

R.G. et moi-même aimons nous promener sur les bords de Sarthe depuis de longs mois. En ce jour grisonnant d'août, nous nous essayons tous deux à une nouvelle façon de faire de la photo : les expositions multiples. Le principe est le suivant : vous prenez deux photos et vous les combinez pour en faire une troisième, composée de la superposition des deux premières.

Depuis qu'il a découvert cette option sur son boîtier, R.G. pense "expositions multiples", mange "expositions multiples", boit "expositions multiples"... Bref : vit "expositions multiples".

Je n'ai jamais été doué pour cette façon de faire des photos superposées. Toutefois, alors que mon ami, posé sur des marches au bord de l'eau, photographie des canards, me vient une idée de photo à expositions multiples. Deux seules photos. Il ne faut pas que je me rate.
Une première photo permet d'immortaliser une cane colvert sur l'eau.
La seconde fixe sur ma carte mémoire mon meilleur ami, l'appareil en main.

Hasard des prises de vue ? Compréhension subite et intuitive de la manière de faire ?
Quoi qu'il en soit, au moment où mon appareil affiche le résultat de cette combinaison, l'image fonctionne parfaitement !



Pendant ce temps, R.G se contente de réinventer sa façon de faire de la photo...

lundi 4 septembre 2017

Dans les ruines de Lassay...



Du haut de ces ruines, le second millénaire me contemple !

Et pourtant, il est clair que ces ruines-là ne sont pas un promontoire privilégié pour me contempler.
Cet endroit fait partie d'un circuit de promenade de 7km environ que mes parents et moi avons décidé d'arpenter en ce seize août.
Lassay-les-châteaux porte bien son nom; sur le domaine de la commune, trois châteaux dont deux en ruines se dressent, les uns au milieu d'un terrain vague, l'autre étant au cœur du village.

Or pour l'instant, nous voici devant les ruines du dernier château que nous comptions visiter.
Il ne paie vraiment pas de mine. A peine une arche et les ruines de deux tours émergent encore du sol.
A voir la hauteur de ces restes moyenâgeux, il nous vient la compréhension de ce que devait signifier vivre dans l'ombre de vieux seigneurs enfermés dans de hautes et froides tours méditant sur leurs blasons, sans guère pouvoir infléchir leurs lubies territoriales et guerrières ni obtenir de protection contre les pilleurs de pommes.

Tout à ces réflexions, il me vient le besoin de m'étirer le cou. Cela fait plus de quatre heures que mes deux appareils photos y sont suspendus. Fichu 7D. C'est mon numérique qui, en vérité, me cause ce début de torticolis, l'autre étant un simple argentique grand public, léger comme une plume.

J'avise alors l'écran supérieur de mon argentique; il ne me reste qu'une prise de vue. Le panorama m'attire.
Je devrais peut-être attendre d'en voir plus avant de prendre la photo, mais baste !

Je vise.

Et je déclenche...

vendredi 1 septembre 2017

Un peu plus de 61 mots sur Alençon Plage...



Ah ! Alençon Plage... Cela ne fait pas très longtemps que l'édition de cette année s'est terminée et elle me manque déjà.
Ce n'est que la troisième édition de cet événement majeur de l'été, à Alençon, et pourtant c'est comme si nous l'avions toujours connu.

Chaque semaine, je m'appliquais à faire un tour au Parc des Promenades, où tout se jouait.
On y trouvait aussi bien les parents et les enfants du quartier de Perseigne, heureux de pouvoir être comme au bord de mer pendant les jours les plus chauds de l'année, que M. le Député ou M. le Maire venus serrer des mains, se montrer au tout-Alençon et partager aussi -il faut le dire- un moment de convivialité en marge de leur travail politique.

Chaque semaine, des concerts étaient organisés, au kiosque à musique du Parc. Parmi la foule -nombreuse- des spectateurs, j'y retrouvais fréquemment les mêmes têtes; des membres du club photo de Courteille en particulier. Parfois avec leur appareil, très souvent sans. C'est ainsi que je me suis retrouvé à plusieurs reprises seul devant la scène à faire des photos des musiciens et chanteurs pour le plaisir...
...Jusqu'à ce que les Mégots me proposent de leur fournir des images de leur concert de la mi-août, par le jeu du hasard des rencontres.
S'ensuivit une petite vague de visites sur mon blog photo. Rien d'extraordinaire, mais assez pour me motiver dans la suite des événements...



... L'année prochaine, je referai des photos de concert !

lundi 28 août 2017

1250 raisons de recommencer...


2h du matin.
2h du matin et nous ne dormons toujours pas.
Il faut dire que notre journée entière de marche nous a éreinté au point que nos jambes et nos pieds nous empêchent de trouver le sommeil.
Mais plus encore, mes voisins du dessus ont eu la bonne idée de prolonger leur soirée entre amis jusqu'à cette heure tardive. Les quelques éclats de rire qui fusent ne m'empêcheraient pas de dormir si je n'avais pas si mal aux jambes.
Quant à R.G., squattant mon canapé plutôt que de rentrer chez lui à une heure si matinale, il bout.
J'ai beau connaître et comprendre les raisons de son énervement, je ne peux m'empêcher de le trouver un poil trop sensible au bruit ambiant... A moins que j'aie simplement perdu en audition ces dernières années, ce qui ne serait pas improbable.

Peu m'importe, car, alors que nous dissertons ensemble à voix basse dans ma salle, nous finissons par convenir qu'il est toujours temps de faire des photos, ici et maintenant.

C'est pourquoi nous nous équipons d'une de mes carafes, à la belle couleur violette, remplie au tiers d'eau fraîche, ainsi que de nos trépieds et de nos lampes torches.
Place à l'amusement !

En effet, le light painting, comme se nomme cette technique, consiste à éclairer un sujet selon sa fantaisie (totalement, partiellement, avec diverses couleurs, de près, de loin, en formant des dessins ou des lettres avec la source lumineuse, etc...) pendant que s'écoule le temps de pose de la prise de vue.
Et quoi de mieux qu'une carafe d'eau aux reflets violacés pour s'exercer ?

Chacun notre tour, nos appareils confortablement fixés à leurs pieds, nous prenons des variations nombreuses de cette carafe, selon divers éclairages, malgré de nombreux ratés; il n'est pas facile de maîtriser la dose de lumière quand cette dernière dépend uniquement de l'adresse du photographe.

Soudain, une révélation s'offre à moi : j'ai oublié de régler la sensibilité de mon appareil, toujours fixée à une valeur fantaisiste -pour le cas présent- de 1250 ISO.


Quel délicieux prétexte pour tout recommencer !